COMMENT TRAVAILLE UN PSYCHANALYSTE EN 2016?

JD Nasio, médecin, psychanalyste, grand passeur de l'oeuvre de Freud et de Lacan, entame mardi 16 février, un séminaire inttulé
"Comment travaille un psychanalyste en 2016 ?".
Mardi soir 16 février 2016 à 21:15 

Lieu: Méditel, 28 boulevard Pasteur, Paris 15èm
Recommandé pour tous ceux,  professionnels ou pas, que la psychanalyse intéresse.
 

COMPTE-RENDU DE LA CONFERENCE DU 16 FEVRIER 2016

 
Le 16 février 2016 se déroule la première conférence d’un cycle de trois consacré à cette question:

Comment travaille un psychanalyste en 2016?

Elle est animée par Juan David Nasio. Celui-ci au fil de son intervention, nous livre quelques éléments autobiographiques. Il est d’origine argentine, a commencé à pratiquer dans le champ de la systémique, et a terminé ses études de psychiatrie en France. Il a cotôyé des grands noms de la psychanalyse comme Françoise Dolto et Jacques Lacan. Les séminaires psychanalytiques, l’association qui organise ce séminaire, a été créée par lui et Liliane Zolty il y a trente ans. Nasio au début de son intervention se félicite du succès des Séminaires, succès qui est non seulement durable mais croissant. Le public vient très nombreux aux conférences (malgré le prix élevé : 40 euros !) J. D Nasio qui est riche d’une expérience de cinquante ans va tenter d’expliquer ou plus précisément d’illustrer en s’appuyant sur sa pratique, ce qu’est l’écoute psychanalytique et notamment ce concept énigmatique : « écouter l’inconscient de l’autre avec son propre inconscient ». Nasio dit n’y être arrivé qu’au bout de trente ans d’exercice de la psychanalyse. Nasio est un bon orateur, il a du charisme de l’humour et s’exprime d’une manière à la fois précise et simple. Il ne jargonne pas. Il fait un grand effort de clarté. On peut avoir le sentiment qu’il n’est pas besoin d’être un initié ou un professionnel pour suivre parfaitement sa conférence
 
Un psychanalyste travaille avec son inconscient, inconscient que Nasio appelle instrumental. Un psychanalyste est efficace surtout grâce à ce qu’il est inconsciemment. Le psychanalyste dispose de sa propre personne, ce qu’il est et ce qu’il ignore, comme d’un instrument. L’inconscient d’un psychanalyste est particulier.  Il est raffiné, travaillé par des années d’analyse personnelle, de pratique et d’études psychanalytiques approfondies. C’est donc avec un inconscient assoupli qu’un psychanalyste travaille et soigne ses patients.
La conférence comprend deux parties :

I Fonctionnement mental du psychanalyste pendant la séance

II Exemple clinique
 
 
I Fonctionnement mental du psychanalyste pendant la séance

Quand un psychanalyste écoute, absorbé par l’émotion qui fait vibrer la voix de l’analysant. Il capte l’inconscient du patient avec son propre inconscient capteur, l’inconscient instrumental. La captation de l’inconscient est suivie d’une partie décisive : l’interprétation.  Celle-ci est valable si elle est suivie d’une amélioration notable de l’analysant. La psychanalyse est une thérapeutique.
Qu’est-ce qu’écouter ? C’est être très concentré sur les manifestations verbales et non verbales du patient, à l’opposé de l’attention flottante. C’est se focaliser activement sur ce que l’autre nous dit. Aller au-delà des mots prononcés, sentir l’émotion consciente et inconsciente qui tremble sous la surface de la parole.
 L’écoute de l’inconscient est un point culminant qui se développe en cinq étapes.

1) Le psychanalyste observe, attentif le comportement et les habitudes de son patient.

2) Lorsque le patient parle, le praticien essaye de comprendre le sens de paroles entendues.

3) Le psychanalyste écoute pleinement.

4) Le thérapeute s’installe dans le psychisme du patient, le thérapeute ressent non pas l’émotion consciente mais l’émotion qu’a ressenti le patient étant enfant et qu’il a oublié. Sentir l’émotion que le patient ne sent pas. Ressentir ce qui est non reconnu par lui. Par exemple chez les personnes qui souffrent de dépression, il existe une émotion essentielle sous la tristesse, c’est la rage, la haine…
 Phénomène d’identification : il faut se couler dans le monde intérieur du patient. Il faut avoir la volonté de connaitre le patient de l’intérieur, tel qu’il s’apparait à lui-même, tel qu’il s’ignore, en vivant à sa place ce qu’il vit ou ce qu’il refoule.
«  Je veux le connaitre du dedans, différemment de ce qu’il se connait lui-même. ». SI ce désir n’existe pas, il ne se passera rien. C’est un état. Cette expérience de l’écoute ne se produit pas avec tous les patients, ni à toutes les séances d’un même patient, c’est un idéal.

5) L’analyste communique à l’analysant ses moments d’identification avec des mots simples, suggestifs…

Première étape

L’observation. Le psychanalyste doit se faire un outil qu’il perfectionne sans cesse.  Il faut s’entraîner à observer et à imaginer ! Dolto demandait à ses élèves de se rendre au square et d’observer le comportement des enfants et de leurs parents.  Une bonne écoute commence par une bonne observation Un psychanalyste est réceptif à tous les signes avec lesquels un être communique sa vie. Nasio dit observer la façon dont ses patients s’habillent, se tiennent, la façon dont ils lui serrent la main. Il affirme regarder même dans leur sac quand il en a l’occasion (si celui est ouvert par exemple). Certains de ses patients qui savent sa curiosité y glissent d’ailleurs volontairement des indices.

Deuxième étape

 Parfois le psychanalyste ne comprend pas le conflit larvé. Il ne sait pas quelle piste suivre, il hésite et il tâtonne. Il arrive qu’à un tournant de la séance, le thérapeute soit attiré par un geste ou par un mot. L’un de ces détails attire l’attention du psychanalyste, il se sent entrainé dans un effort de concentration intérieure. Il fait en sorte de plus entendre à l’intérieur les échos de ses considérations personnelles et théoriques. Que signifie se concentrer ? Sinon rejeter inhiber les pensées parasites. Concentrer toute l’énergie disponible, l’action d’installer en soi le silence est volontaire : C’est la forclusion volontaire.

Troisième étape

 Etre en état de percevoir ce qui se passe à l’intérieur à de soi, ce qui s’impose à notre esprit. Ce n’est que dedans soi que l’on rencontre l’autre. A l’intérieur de soi, on peut saisir son être le plus intime. Le psychanalyste se dissocie entre d’une part le sentiment d’être happé par une scène qu’il perçoit et d’autre part la conscience lucide de ce qu’il éprouve. Entièrement absorbé en soi et simultanément conscient de ce qui se passe.  Mélange de travail et d’acuité, cet état a été défini par Freud ; « capter l’inconscient du patient avec son propre inconscient » Toutes les forces du thérapeute sont concentrées à l’intérieur de lui. Une situation scénique s’ancre dans son esprit. Scène que le patient a oubliée et qui est à l’origine de ses troubles, scène réelle ou inventée avec un enfant ou un adolescent C’est en général une scène a deux personnages. Le personnage de fiction est différent du patient. C’est soit un petit enfant battu ou abusé ou un adolescent égaré dans son monde. C’est le fantasme qui exprime en l’analyste l’inconscient du patient. Le psychanalyste capte lui-même le fantasme dans lequel est mise en scène l’inconscient de l’analysant.  Il est sûr que la fantaisie vient de l’inconscient de l’analysant si :
  1. Il est étonné de se voir entraîné par les fictions qui s’offrent à lui.
  2. Il a le sentiment d’être situé à la limite de lui-même, en quasi dépersonnalisation
  3.  Ayant communiqué cette fiction au patient, celui-ci répond par un silence dense et tendu ou dit : « c’est vrai, je n’y avais jamais pensé ».

Ce sont les indicateurs fiables qui valident le fait que le praticien travaille avec son inconscient instrumental.

Quatrième étape

 L'analyste ressent l’émotion que ressent le personnage de sa fiction. Il s’identifie à sa création imaginaire. Que veut dire là s’identifier ?  Le psychanalyste ressent ce que ressent l’enfant du fantasme. Il s’identifie avec ce qu’il croit qu’est l’émotion fantasmatique de l’enfant qui apparait dans sa tête.


Cinquième étape
Enonciation avec une parole simple et suggestive.
Ce qui est difficile, c'est de se taire quand on a des choses à dire. Nasio donne le conseil suivant : "Si vous doutez ne parlez pas". Une fois le silence installé en l’analyste, celui-ci capte l’inconscient de l’analysant, plonge dans ses fantasmes, les dramatise en un court récit et les communique au patient.
 
II Exemple clinique

L’analysant est un jeune homme de 26 ans qui s’habille toujours en noir, il impressionne même les autres patients à cause de cela.  Il dégage de sa personne une grande dignité mêlée à une souffrance profonde. Sa mère est décédée d’un accident de voiture alors qu’il avait 6 ans.  Pendant un an, son père lui a fait croire qu’elle était partie en voyage.
Alors que l’analysant dit à Nasio cette phrase : « Depuis que ma mère est partie… » Il vient à celui-ci une suite d’images.   Il dit alors au patient.
« Vous venez de dire que votre mère est partie. Il m’apparait une image. Un petit garçon veut partir avec elle. « Attends maman , je vais avec toi ! Il la suit pendant longtemps. Infatigable, La silhouette de sa mère se dissipe.  … Il renonce.  IL découvre qu’il ne pense plus, qu’il se ne sent plus comme quand il est enfant, qu’il a grandi. C’est le temps de l’analyse ( le récit livré par Nasio; pris tout de suite après la séance était un peu plus long, très simple et chargé d’une émotion que mes notes fragmentaires ne peuvent restituer. ) La réponse du jeune homme a été un long silence, et ensuite des sanglots. L’histoire se termine bien dans la mesure où l’on pense que le mariage est une fin heureuse puisque comme en témoigne une carte postale qu’il a envoyé à son analyste des années après, le jeune homme est maintenant marié et père de famille.
Interpréter c’est dire clairement à l’autre ce qu’il sait déjà mais confusément. C’est formuler ce que le patient a dans le préconscient. Toute scène est liée à un traumatisme. La plupart des traumatismes sont des traumatisme psycho-infantiles, le plus souvent des micro traumatismes qui s’accumulent.

Il existe trois scènes fondamentales:

L’enfant abusé, une mère trop sensuelle qui réveille chez l’enfant une sexualité précoce.  Cela peut causer l’hystérie.

L’enfant maltraité, enfant victime ou acteur ou témoin de maltraitance. Par exemple un enfant témoin des disputes parentales. Cela peut causer la névrose obsessionnelle.

L’enfant abandonné, l'enfant dont les parents ne s’occupent pas. L’enfant qui a ressenti un abandon.  Cela peut conduire à la phobie 

COLLOQUE LES MASQUES DE LA HAINE 

Samedi  9 avril  2016 de 9h00 à 16h30 
Le Réseau Pour La psychanalyse
à l'Hôpital organise un colloque:

LES MASQUES DE LA HAINE 


Salle du conseil de la mairie du 9e
6 rue Drouot Paris 9e.

 

"UN PSYCHOTHERAPEUTE UTILE A SES PATIENTS"

Mardi soir 12 avril 2016 à 21:15 
Lieu: Méditel, 28 boulevard Pasteur, Paris 15ème 
Durée du module: 120 minutes.

FORMATEUR/INTERVENANT 


J.-D. NASIO 
Médecin Psychiatre, Psychanalyste d’enfants, d’adolescents et d’adultes.
 

COLLOQUE LES MASQUES DE LA HAINE

 
.Samedi  9 avril  2016 
 
Le Réseau pour la Psychanalyse
à l'Hôpital  a organisé  un colloque:

LES MASQUES DE LA HAINE

Une collègue et amie psychologue  
était présente et nous livre ses
notes précieuses:

 
          XXème colloque du RPH
 
          Les masques de la haine


Ouverture (Julien Faugeras)

La haine en soi est refoulée. Elle est plus facilement admise chez l’enfant, et chez l’autre.

Elle apparaît souvent sous forme de rationalisations religieuses, politiques, scientifiques, etc.

Elle concerne pourtant structurellement tous les êtres humains. 

Elle prend la forme d’un masque que les psychanalystes viennent lever grâce à la méthode de l’association libre.

La découverte de la névrose obsessionnelle est venue démystifier l’idée de la haine. Cette névrose est structurée dans le but de masquer la haine. Le DSM ne serait-il pas un symptôme de la névrose obsessionnelle ? D’ailleurs, cette appellation a complétement disparu du manuel.

Là où il y a d’la haine, y’a pas d’plaisir (Jean-Baptiste Legouis)

Legouis évoque Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort (Freud, 1915). La guerre a entrainé une certaine désillusion, et un changement d’attitude à l’égard de la mort.

Dans Au-delà du principe de plaisir (1920), Freud oppose la pulsion de vie et la pulsion de mort. La pulsion de vie, c’est l’éros, la pulsion sexuelle, la pulsion du moi, de l’autoconservation. Elle vise à unir, construire, lier. La pulsion de mort cherche à détruire pour faire disparaitre complètement les tensions.
 
Dans le Moi et le Ca (1923), Freud articule son schéma de l’appareil psychique avec ces deux pulsions. 

La haine et l’amour sont la plupart du temps entremêlés (ambivalence).

Il n’y a pas de transformation de la pulsion de mort en pulsion de vie, mais plutôt une énergie qui peut se déplacer de l’une à l’autre.

Freud montre que, quand la cure progresse, le patient se met à aller moins bien. C’est ce qu’il appelle la réaction thérapeutique négative qui est une illustration de la pulsion de mort.

Dans la mélancolie, le Surmoi fait rage contre le moi. Il s’empare de tout le sadisme de l’individu, et le retourne sur soi. C’est aussi l’effet de la pulsion de mort.

L’agressivité et la haine sont des représentants de la pulsion de mort, et sont bien souvent retournées vers l’extérieur.

À partir d’un cas clinique, Legouis montre comment une patiente exprime sa peine, ses sacrifices, sa gentillesse avant que la haine soit démasquée.
Hume Haine (Sara Buguet)

Le masque dissimule, représente, ou fait jouir d’un autre rôle.

Dans la névrose obsessionnelle, la haine est présente masquée par les formations réactionnelles, et démasquée par la pulsion de mort.

La haine, c’est le refus primordial que le moi oppose au monde extérieur.

Le stade du miroir (Lacan) nous montre comment le bébé s’identifie à une forme unifiée donc idéale pour lui car il se vit de façon morcelée.

Le nourrisson est dans une dépendance absolue. Ses tensions agressives émergent dans sa relation à l’autre, à sa mère qui le nourrit. Il ressent de la jubilation, mais de la frustration aussi. Il est pris entre une tension haineuse, et un besoin de maîtrise.

Buguet présente un cas clinique : un homme reporte toujours au lendemain ce qu’il a à faire, est se met en échec sur le plan professionnel. Sa mère lui avait dit un jour : « Tu n’arriveras à rien dans ta vie ». C’est comme s’il mettait en acte cette parole en ne faisant pas ce qu’il a à faire. Aussi, le travail est la seule chose valorisée par sa mère. Il cherche donc à lui faire du mal en faisant tout pour se faire licencier. C’est l’expression de la haine contre sa mère. Il remarque aussi que s’il se fait virer, il va devoir retourner chez ses parents !

Les satisfactions pulsionnelles sont réprimées avec la constitution du Surmoi en lien avec l’Œdipe. Mais, le Surmoi peut devenir féroce avec le moi : l’agression est retournée sur soi. C’est la résistance du Surmoi.

La haine de l’autre vient de ce qu’il nous montre de ce dont on manque. La castration symbolique est une voie pour jouir de sa vie autrement qu’en diffusant sa haine dans les relations.

La haine envers et contre tout (Fairouz Nemraoui)

La haine est taboue tandis que l’amour est valorisé.

En cure, elle se manifeste par les absences répétées, les critiques incessantes à l’égard du psychothérapeute, le sabotage de la cure. Ces signes sont autant de masques de la haine contre soi.

Freud pensait au départ que le principe de plaisir permettait de diminuer les quantités de déplaisir, la tension. Puis, il remet en question ce principe, en 1920, à partir de son analyse de la compulsion de répétition (répétition d’expériences qui n’apporte pas de plaisir). Il introduit alors la pulsion de mort qui empêche le changement, l’évolution vers le mieux.

Nemraoui présente un cas clinique : elle suit une femme qui a été maltraitée, et qui entretient des relations amoureuses dans lesquelles elle se fait de nouveau maltraitée. Aussi, elle se maltraite elle-même (elle mange beaucoup jusqu’à avoir mal au ventre, consomme des drogues, contracte des MST, etc.). Elle met toute son énergie à saboter la cure : elle reproche à l’autre d’être manquant. D’ailleurs, les drogues viennent combler le manque laissé par l’absence de l’autre. Elle s’automutile pour maintenir sa continuité d’existence. La haine de soi constitue pour elle un repérage précieux.

Haine me amor (Ouarda Ferlicot)

La haine est constitutionnelle. Nous avons besoin de haïr, et d’anéantir.

Chez l’infans, l’expression de la satisfaction et du déplaisir est liée à l’autre (amour/haine pour un même objet). Dans la vie adulte, c’est l’expression de cette haine primaire qui s’exprime, et se répète.

La pacification de la haine pour les parents s’établit avec l’intégration du conflit œdipien.

Ferlicot présente un cas clinique : elle suit un homme qui hait son père, qui l’insulte en permanence, mais qui s’y identifie aussi ce qui entraine beaucoup de souffrance. Ce patient doit renoncer à la toute-puissance infantile.

Dire la haine permet des avancées dans la cure. La parole permet aussi d’éviter l’acte. L’être souffre surtout de ne pas vouloir dire.

N’aime pas ton prochain comme toi-même ! (Laure Baudiment)

Nous sommes une civilisation de la haine. Mais, nous sommes tous ignorants dans notre haine. La haine, « c’est le seul sentiment lucide » (Lacan).

Concept d’Hainamoration chez Lacan.

Baudiment présente un diamant qu’elle a imaginé à partir de la pensée lacanienne : réel de l’être/réel du néant – amour/haine/ignorance.

En sortie de psychanalyse, il n’y a plus de haine dans le rapport à l’autre car le sujet est savant de son fonctionnement.

Baudiment raconte un extrait de film (Le tout nouveau Testament) : « Déteste ton prochain comme toi-même ».

Retour aux sources (Diane Sourrouille)

Sourrouille revient sur le principe de contrainte de répétition qui est la preuve de l’existence de la pulsion de mort.

Il existe une polarisation amour/haine à travers laquelle la libido se déplace. La haine peut venir investir n’importe quel objet.

La résistance du Surmoi, c’est quand le Surmoi est utilisé pour se châtier. Elle est souvent décrite comme une petite voix intérieure (« Tu ne devrais pas faire ci, tu ne devrais pas faire ça »). C’est l’exigence, la recherche de perfection. Elle est agressive, le moi ne parvient pas à son idéal.

En cure, la haine contre soi (la culpabilité) permet de trouver le désir saboté. Il faut passer par une castration symbolique pour calmer la résistance du Surmoi, et sortir des relations imaginaires. La cure permet aussi de mettre à jour les identifications pour arrêter les spirales haineuses. Le transfert est le lieu d’expression de la haine. Il faut supporter, et alimenter ce transfert.

Seul celui qui haine existe (Matthieu Julian)

La haine, c’est l’annihilation de l’autre en tant qu’être désirant un autre quelque part et quelqu’un d’autre.

Le moi de l’infans lutte pour sa conservation (pulsion de vie, pulsion sexuelle).

Julian présente un cas clinique : il va voir un homme à domicile, sa mère ne le voit plus depuis sept jours, il est enfermé dans sa chambre. Ça dure depuis plusieurs années. Pendant les séances, la mère crie, l’insulte, cherche à saboter la cure. Elle est inquiète qu’il se mette à parler, qu’il se mette à aller mieux, qu’ils se séparent. La haine est devenue entre eux le lien le plus solide. Elle rappelle que l’objet est bien là. Le patient jouit de cette unité primaire, la mère jouit du phallus. Le patient fait du mal à son corps pour pouvoir l’habiter. Aussi, il est ressenti par lui comme le phallus maternel, il cherche donc à faire mal à sa mère en se faisant du mal. Il commence à parler de ses désirs sexuels : « Je ne peux pas, il y a ma mère, je l’aime ». Il ne peut pas assumer une séparation avec la mère. Il se trouve dans un désir originel de fusion, et s’identifie au désir de la mère.

La psychanalyse redonne une place aux dires et aux désirs subjectifs.